Juliette Grosset, née Chevalier
Dieu accueille en sa maison aujourd’hui, Juliette Grosset, née Chevalier.
C’est dans le quartier de Saint Jacques que sa jeune maman Jeanne lui donna le jour le 1er février 1915.
La grande guerre la priva de son père pendant sa toute petite enfance. Elle eut un frère Henri puis une sœur Marie Thérèse.
Devant la maison familiale s’étendait une vaste tenue maraîchère jusqu’au bord de Sèvres. C’est là que Juliette passa son enfance et sa jeunesse, dans une famille unie et chaleureuse. C’est là aussi qu’elle commença à travailler à 12 ans après avoir obtenu son certificat d’étude, au prix d’un renoncement qu’elle évoquera toute sa vie : elle aurait tellement voulu étudier.
Quand elle épouse Joseph Grosset en 1940, Juliette est une femme déterminée, courageuse, connaissant parfaitement l’art du maraîchage d’avant garde, entrepreneuse et commerçante. Ils seront maraîchers rue du Croissant, à Nantes, et à Maubreuil, à Carquefou, pendant de longues années, avant de se choisir un lieu de vie à leur convenance, à Carquefou
Juliette et Joseph ont eu le grand bonheur de vivre ensemble pendant 65 ans, avec leur deux filles Annick et Josette, puis 6 petits enfants et à ce jour 11 arrières petits enfants, qu’ils ont entourés d’attention et d’affection. Ce fut son grand bonheur de voir ses petits enfants et arrière petits enfants grandir, et elle suivit avec beaucoup d’intérêt et de fierté leurs réussites dans leur vie et dans leurs études.
Le souvenir de Juliette évoque pour nous tous son sourire rayonnant, et toute sa personne accueillante, soucieuse du bonheur de chacun, préparant de délicieux repas pour la convivialité et le partage.
Elle a entouré sa famille et ses amis dans la joie et dans les épreuves, visitant les malades et ceux que la vie laissait dans la solitude.
Si dans la vie de Juliette, le travail fut un maître mot, elle le réalisa non seulement avec courage mais aussi dans la dignité, l’honnêteté et le respect des personnes. Les employés qui travaillaient sur leur exploitation partageaient la table familiale et étaient respectueusement considérés.
Juliette aimait beaucoup les voyages, découvrir des horizons nouveaux, admirer des paysages, la mer, les Pyrénées en septembre, quand le travail d’été terminé, elle pouvait prendre un peu de repos avec Joseph.
La fidélité marque la vie de Juliette, fidélité de ses sentiments, fidélité dans l’amitié.
Son amie la plus ancienne, Anne-Marie, était avec elle dans la petite école de Saint Jacques ; jusqu’à ce jour elles n’ont cessé de se voir. Pendant sa longue vie, d’autres amitiés se sont construites. Quand à plus de 60 ans, elle emménage au Housseau, c’est une maison aux portes grandes ouvertes qui s’offre à de nouvelles rencontres.
Fidélité aussi dans ses convictions religieuses.
Quand son mari tant aimé s’en est allé, elle lui a dit adieu en restant à sa façon persuadée qu’il était encore là, pouvant venir la visiter; elle demandait de ses nouvelles, et ajoutait souvent : on a été si heureux ensemble, on s’est beaucoup aimé.
Elle a vécu ces trois années passées au Gué Florent, la maison de retraite toute proche à Orvault, où elle fut entourée de soins et d’attention d’une très grande humanité par tout les professionnels présents ; ce fut un apaisement pour elle et sa famille dans cette étape de vie souvent si difficile.
Sa longue vie arrivant à son terme, Juliette a eu la délicatesse de partir tout doucement, laissant ainsi à ses enfants le temps, jour après jour, de s’habituer à lui dire au revoir, rassemblant dans son regard ses ultimes forces pour recueillir leurs mots d’amour et de vérité.
Elle a exprimé son espérance d’être accueillie dans la maison de Dieu, et de retrouver ses chers parents, son époux, son frère et sa sœur.
Nous sommes là aujourd’hui pour l’accompagner et la remercier, assurés qu’elle demeurera dans notre souvenir pour son amour et son bel exemple de vie dans la dignité.
Par Josette Ghalimi, née Grosset